Théâtre : "Ce soir je ne jouerai pas Antigone" de Roger Lombardot

› Le 09/05/2019 à Laurac en Vivarais
Après la création de la pièce à l’Institut français de Casablanca en septembre 2018, CE SOIR JE NE JOUERAI PAS ANTIGONE, Du 9 au 19 mai 2019 à L’Atelier Théâtre, 160 rue Monseigneur Lavarenne, Laurac-en-Vivarais. Réservation impérative.

Texte et mise en scène : Roger Lombardot
Interprétation : Coralie Russier
Lumière : Nathalie Leroy
Compagnie Théâtre d’Aujourd’hui
Le texte est publié par les Editions Le Solitaire

Ce soir je ne jouerai pas Antigone… Ce sont les premiers mots que la comédienne adresse au public, l’invitant respectueusement à quitter la salle. Ce soir, elle ne peut tenir son rôle, elle n’en a pas la force. Elle vient d’être frappée par une tragédie : son frère s’est noyé en portant secours à des migrants échoués sur les côtes de l’île grecque de Lesbos. Son corps n’a pas été retrouvé. Elle évoque Polynice, le frère d’Antigone. De même que le personnage de Sophocle, son frère à elle n’aura pas de sépulture. Insensiblement, elle se met à raconter l’histoire du défunt : sa fiancée tuée lors d’un attentat, l’abandon de ses études pour se mettre au service des plus fragiles… les témoignages qu’il a recueillis à propos des violences faites aux femmes, aux enfants, dans les zones de conflits et ailleurs… son indignation face à l’indifférence, au rejet de l’autre… sa révolte à l’égard de nombreux responsables qu’il accuse de lâcheté… Et puis, à la suite, elle nous délivre sa propre parole. Une parole de femme… libre, forte, déterminée… Elle ne joue pas Antigone, elle est Antigone.

Le texte est publié par les Editions Le Solitaire

Coralie Russier a débuté au théâtre avec Roger Lombardot, à l’âge de 16 ans, dans la pièce Sarah, jouée près de 250 fois. Elle a poursuivi sa formation à l’école supérieure des comédiens du studio d’Asnières. Ces trois dernières années, elle a reçu 5 prix d’interprétation féminine dans 4 courts-métrages. Elle a tourné dans 4 longs-métrages dont 120 battements par minute, de Robin Campillo, Grand prix du Festival de Cannes 2017.

La pièce a par ailleurs été présentée en lecture par l’auteur à L’Espace Leconte de Lisle à Saint-Paul, La Réunion, en novembre 2018. Elle a fait l’objet d’un travail d’écriture avec des élèves du lycée français de Casablanca et des élèves du lycée Evariste de Parny à Saint-Paul, La Réunion, travail qui se poursuivra à la rentrée avec les élèves du lycée Marcel Gimond, à Aubenas, en Ardèche. À la suite, les trois établissements entreprendront une collaboration en croisant les écrits des élèves.

« Une pièce terrible et belle, portée par une actrice magnifique… »

« Un événement : salle comble pour la première, j’étais assise sur les marches. Je n’avais jamais vu ça à Casablanca pour du théâtre contemporain. Je n’avais jamais non plus reçu un tel choc. Un choc libérateur. Toutes les femmes devraient entendre ça. Et tous les hommes. »

« Tout est dit dans cette pièce : les violences faites aux femmes, aux enfants, la folie terroriste, le drame des migrants, le rejet de l’autre, la guerre, l’exploitation de nos sentiments les plus vils par "une poignée de prédateurs déterminés à propager la haine et à nous plonger dans le chaos." Et puis la beauté, l’amour, l’engagement humain pour conjurer tout ça. Un texte de résistance dans la lignée d’Antigone Et une comédienne digne de l’éternelle héroïne. »

« Un texte implacable, une actrice habitée par son rôle, du théâtre qui sollicite notre conscience et nous élève. »